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PostHeaderIcon L’allaitement maternel ne connaît pas la crise !

Alors que les fêtes de Noël viennent a peine de s’achever, et que le réveillon de nouvel an approche, force est de constater que nous sommes toujours en période de crise. MAIS, dans ce contexte de fortes tensions économiques, de déficit croissant de la sécurité sociale, il reste une bonne nouvelle : l’allaitement maternel ne nous coûte rien, ou presque. Et peut rapporter beaucoup.

Trop souvent, nous avons tendance à penser que ce qui nous coûte peu (d’argent) n’a que peu de valeur. C’est cette même logique qui va nous amener à acheter des produits de luxe (moi la première si je le pouvais!) ou onéreux avec la pensée induite que plus c’est cher et mieux c’est ! MAIS lorsqu’on parle d’allaitement maternel, c’est très diffèrent car la valeur est inversement proportionnelle au coût !

Certaines familles peuvent ainsi avoir l’impression qu’elles vont offrir ce qu’il y a de mieux à leur enfant si elles achètent du lait en poudre qu’elles paient le prix fort. Pour elles, c’est un tel sacrifice financier que le bénéfice pour leur bébé en est forcément meilleur. On note d’ailleurs que l’allaitement maternel est très peu répandu dans les catégories socio professionnelles moins favorisées, est-ce une simple coïncidence ?

Je ne dispose malheureusement pas de statistiques suffisamment récentes, mais différentes études montrent que plus le niveau d’étude augmente, plus les femmes tendent à allaiter. Et lorsque le conjoint est cadre supérieur, les deux tiers des femmes allaitent, alors qu’elles ne sont que 53 % lorsqu’il est employé, et à peine la moitié lorsqu’il est ouvrier (Séverine Gojard, chercheuse a l’INRA, L’allaitement ; une pratique socialement différenciée)

Seulement, il est vrai que lorsqu’on est enceinte ou jeune maman, c’est tellement difficile de ne pas se laisser influencer par toutes ces initiatives marketing. Pour avoir étudié le sujet lors de mes études en école de commerce, j’ai une « vague » compréhension de ces mécanismes de manipulation.

Prenons l’exemple d’une femme qui passe par la maternité, et va recevoir la fameuse « boite rose » qui contient échantillons, pubs, code de réductions etc… La jeune maman, heureuse de ce cadeau, ne mesure pas toujours la contrepartie recherchée par les marques qui souhaitent avant tout l’attirer et la fidéliser. De la même manière, les newsletters de Doctissimo envoyées aux femmes enceintes affichent un partenariat avec le lait Gallia (Bledina).

Idem pour le site Magic Maman (recommandé sur la boite rose d’ailleurs!) que j’adore pour son contenu pertinent et ses supers articles, notamment sur l’allaitement. Mais je déplore que la partie consacrée à l’allaitement maternel soit ensevelie sous les pubs Nestlé ou Bledina. Pourquoi ne pas les remplacer par des pubs mieux contextualisées, en rapport avec les accessoires ou vêtements d’allaitement par exemple ?

On peut vraiment s’interroger et se demander dans quelle mesure nous encourageons les femmes à allaiter en France. Ou a consommer toujours plus? Biensur, chaque maman est libre d’allaiter ou non, selon sa volonté. Mais il faut tout de même reconnaître que les incitations pour donner du lait en poudre sont nombreuses malgré tout. Et surtout a la maternité, car les enjeux économiques sont considérables pour les fabricants de laits infantiles, qui n’ont aucun intérêt a ce que les mamans allaitent !

BREF, pour en revenir au coût concret de l’allaitement, il est plutôt faible bien qu’il varie selon la durée et les désirs de la maman. Voici un aperçu des dépenses qui peuvent être a prévoir (non exhaustif) :
– légère augmentation de l’alimentation maternelle, assez difficile a chiffrer…
– coussinets d’allaitement : le prix varie selon la marque, mais pour des coussinets jetables, comptez 7,50 euros les 30 (Dodie), 7 euros les 70 (Thermobaby via Cdiscount), 7 euros les 30 (Avent, par Philips).
– des soutiens gorges d’allaitement : a partir de 15/20 euros chez Carrefour
– un tire lait : il existe le manuel et l’électrique. Le manuel, à votre charge coûte aux alentours de 30 euros pour un premier prix. Il semble que le modèle Avent (environ 60 euros) ait beaucoup de succès auprès des mamans. Autre option, plus économique, la location d’un tire lait électrique (sur ordonnance) remboursé intégralement par la sécurité sociale (65%) et la mutuelle (35%), quelle que soit la durée de l’allaitement
– une crème pour les crevasses (oui ça peut arriver !) : Lansinoh crème, 10 euros le tube de 10g, 18 euros le tube de 56g. En général, un tube suffit pour toute la durée de l’allaitement
– éventuellement des coques d’allaitement (évitent la macération des coussinets dans certains cas, notamment les problèmes de crevasses) : Avent, 15 euros les deux
– des vêtements adaptés à l’allaitement peuvent s’avérer utiles afin de ne pas avoir à dévoiler le sein complètement pour nourrir son bout de chou. La aussi, inutile d’en faire des tonnes : si il est vrai qu’on a toutes envie d’être jolie et sexy même lorsqu’on allaite, la robe d’allaitement a 100 euros peut relever un peu du superflu. Sauf pour les plus favorisées d’entre nous, pour un petit coup de cœur exceptionnel, ou encore un cadeau du papa…
Pour les plus coquettes ou pour se faire un petit plaisir, consultez : http://www.enviedefraises.fr/45-vetements-allaitement?n=1000
Sinon, la ligne maternité H&M comporte des tenues spécifiques a l’allaitement et très abordables, ca fera très bien l’affaire!

Maintenant, vous savez a quoi vous attendre si vous désirez allaiter. Un budget de 150 euros sur 6 mois semble réaliste. Et encore, il est possible de le diminuer si vous vous montrez raisonnable

Quant aux dépenses à prévoir pour un enfant nourri au biberon, elles sont bien plus conséquentes :
– achat de boites de laits infantiles : 160 variétés dont 50 spécifiques au 1er âge. Une boite de 900g Gallia (de Bledina) coûte en moyenne 18 euros. Une boite de 800g Guigoz de Nestlé coute environ 20 euros. Sachant qu’une boite se conserve au maximum 3 semaines après ouverture, considérons une moyenne de 2 boites achetées par mois. Soit un total avoisinant 216 a 240 euros, selon la marque, Bledina ou Nestlé, durant 6 mois. Ces chiffres sont très conservateurs. Surtout que les parents ont souvent tendance à préparer de trop grandes quantités de lait de peur que l’enfant n’en manque. Mais le résultat est que le lait ne se conserve pas bien une fois reconstitué et si le bébé n’a plus faim, ça finit à la poubelle… On estime donc que l’enfant consomme réellement 70 a 80% des biberons préparés. Il est également habituel que les parents achètent différentes marques de lait avant de trouver celle qui convient le mieux à leur bébé. Et dans le cas d’allergies ou coliques, il peut s’avérer nécessaire de choisir des laits spécialisés ou médicaux, encore plus onéreux.
– biberons, tétines : 19 euros les 3 biberons, 5 euros les 2 tétines (Dodie), 21 euros les 3 biberons (Avent de Philips)
– eau minérale : 3 euros les 6 bouteilles d’evian (6X1,5 L)
– stérilisateur : a partir de 25 euros (Babymoov), 60 euros (Tefal)
– chauffe biberon : a partir de 27 euros (Thermobaby), 50 euros (Avent, Philips)

Soit un budget approximatif de 350 euros a prévoir sur une durée de 6 mois, au minimum. A cela s’ajoute évidemment les dépenses de santé, car il est prouvé qu’un enfant allaité est moins souvent malade et donc moins hospitalisé.

Mais je vais rester prudente et je préfère ne pas avancer trop de chiffres car malheureusement les rares comparaisons que j’ai pu trouver sur le coût de l’allaitement versus l’alimentation au lait infantile sont trop anciennes.

Ce dont je suis certaine, c’est qu’en cette période de crise, l’économie réalisée grâce à l’allaitement n’est vraiment pas négligeable ! Et pour le petit coup de gueule du jour : arrêtons de faire culpabiliser les parents en leur faisant croire que si ils ne dépensent pas une fortune pour leurs bambins, c’est qu’ils ne sont pas a la hauteur.