Articles avec le tag ‘allaitement’

PostHeaderIcon Une montée de lait à tout prix !

Le médicament « Motilium », connu aussi sous le nom de « Domperidone », initialement prescrit aux personnes souffrant de nausées et vomissements vient d’être mis en cause par l’AFSSAPS en raison de son utilisation fréquente par les mamans qui allaitent, pour favoriser leur production de lait maternel. Les autorités sanitaires estiment manquer de recul pour juger des conséquences de cet usage détourné, qui peut ne pas être anodin pour les mères (mort subite et complications cardiaques seraient les principaux risques).

Si ce médicament présente la particularité de stimuler la lactation (effet secondaire), il reste officiellement contre indiqué durant l’allaitement comme stipulé sur la notice. Dans le doute, il est donc préférable pour les mamans concernées, de rester prudentes sur le dosage du médicament, et de le prendre a titre exceptionnel.

Une question subsiste : a travers les différents articles de presse, l’AFSSAPS incrimine a demi mots les associations pro allaitement et les médecins qui recommandent le Motilium aux mamans. Mais s’agit-il simplement d’un principe de précaution sanitaire ? Quel est le réel message que l’on souhaite véhiculer aux mamans ?

De nombreux articles sont publiés au sujet de l’utilisation du Motilium dans le cadre de l’allaitement, pour plus de détails, vous pouvez consulter celui-ci :

Il y a quelques mois, l’AFSSAPS nous mettait déjà en garde – a juste titre – contre les dangers de l’échange de lait maternel a travers le réseau « The Human Milk for Human Babies global network », largement développé sur Facebook. Le lait, comme le sang, peut transmettre un certain nombre d’agents infectieux et constitue alors un vrai danger pour l’enfant en l’absence de contrôles stricts. Seuls les lactariums agrées permettent d’obtenir un lait sûr pour les bébés. Pour plus d’infos sur les risques sanitaires encourus avec cette pratique, vous pouvez consulter le communiqué de presse officiel

Même si l’allaitement maternel impose une certaine discipline (on ne peut pas faire n’importe quoi lorsqu’il s’agit de notre santé et de celle de nos enfants), cela n’en demeure pas moins le mode d’alimentation le plus sain pour bébé. Ces mises en gardes sont donc légitimes mais ne doivent en aucun cas décourager les mamans qui rencontrent des difficultés dans leur allaitement.

Et n‘oublions pas que la manière la plus sure d’obtenir suffisamment de lait pour nourrir le bébé reste encore de le mettre au sein le plus fréquemment possible, suivant ce raisonnement basique : plus l’enfant tète, plus le corps de la maman produit le lait. La nature est bien faite (le plus souvent !) : une simple loi de l’offre et de la demande :-) . C’est d’autant plus vrai si la maman a une bonne alimentation (boire beaucoup d’eau également) et une bonne hygiène de vie.

Pour le petit coup de pouce, un certain nombre d’aliments sont réputés favorables pour la lactation : les lentilles, les topinambours cuits, la coriandre, l’ortie blanche, le cumin, l’anis vert, l’aneth, le basilic, les carottes, le fenouil sauvage, le malt, la verveine officinale… ou alors la tisane Weleda, spécifique pour la lactation. A vérifier…

PostHeaderIcon Maman Allaite et Maman Travaille. Et pourquoi pas ?

Pour lutter contre une vague de préjugés qui ont la vie dure et qui consistent à penser que l’allaitement s’adresse exclusivement aux femmes qui n’ont pas de vie active, ou du moins pas d’ambition et qui restent clouées a la maison en pyjama pour s’occuper de leurs bambins… Bon c’est vrai j’avoue, j’ai moi même ressemblé a ça dans les premiers temps. On m’a même surnommée la vache « Milka » avec mon pyjama Etam mauve couvert de taches de lait à la sortie de la maternité, mes 23 KG pris pendant la grossesse, mes envies folles de chocolat …

Mais ca n’a duré qu’un temps car très vite j’ai perdu tout ce poids (Ouf !!! merci l’allaitement) et retrouvé mes tailleurs, mon maquillage, mes talons aiguilles et mes RDV clients. Je persiste et je signe : on peut tout a fait être mère et désirer allaiter tout en ayant un plan de carrière, les deux n’étant pas incompatibles contrairement à la thèse soutenue par Mme Elisabeth Badinter dans son ouvrage “Le Conflit, la femme et la mère”. Si je suis effectivement d’accord avec la plupart de ses idées et son combat féministe, je ne la rejoins vraiment pas sur sa vision de l’allaitement. Pour une analyse très fine de son livre et orientée « allaitement », je vous recommande vivement la lecture de cet article très pertinent de Solène, rédactrice du blog MamaNANA :

A priori on peut penser qu’une mère active souhaitera certainement faire le choix de l’indépendance : elle se dira alors que l’idéal est une répartition des tâches équitable avec son mari, en donnant le biberon au BB a tour de rôle… blablabla … J’ai moi même eu ce raisonnement au cours de ma grossesse donc je le connais. Mais finalement, est-ce que donner le biberon est réellement une solution d’indépendance ou de facilité, comme on pourrait le penser ? Je n’en suis pas si sure, faut voir… J’en suis en tout cas vite venu a la conclusion que : 1) nettoyer le biberon, 2) stériliser le biberon 3) faire chauffer l’eau a la bonne température 4) ajouter la poudre de lait avec une mesure rase dont la moitié se renverse a côté a chaque fois parce que j’ai deux mains gauches etc… c’était bien trop contraignant pour moi. Surtout que lorsque le bébé ne fait pas encore ses nuits, ca impose un réveil brutal et après, dur dur de se rendormir. Avec l’allaitement on reste dans un semi sommeil, les hormones aidant, le bébé dans les bras, je trouve ca un peu moins violent. Quand on est une maman qui travaille beaucoup (ou une maman très occupée par ailleurs… même si ce n’est pas par une activité professionnelle), tous les prétextes sont bons pour gagner du temps. Entre préparer un biberon et sortir un sein, y’a pas photo !

Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié le côté pratique de l’allaitement lorsque je me rendais quelque part avec le BB. Inutile de prévoir alors l’armada de biberons parce que j’avais déjà tout sous la main, et a bonne température :-) . Je me suis sentie vraiment indépendante, je prenais ma voiture et où que je sois, peu importe la durée, j’avais toujours tout ce qu’il fallait pour nourrir le bébé et ce avec la plus simple organisation qui soit. Pas la peine de s’exhiber en public si on ne le souhaite pas, mais on peut toujours allaiter et être discrète ! D’ailleurs pour l’anecdote, l’allaitement s’est avéré très pratique chez le pédiatre lorsque l’enfant finissait par s’impatienter dans la salle d’attente (oui Patrick, tu as un peu de retard parfois lol) ou lors d’un vaccin, lorsque l’enfant tête le sein de sa mère, cela calme sa douleur. Aujourd’hui mon fils a un an et je lui donne le biberon avec du lait en poudre parce que je ne souhaite plus l’allaiter mais ça n’empêche que je regrette tout de même le côté « pratique ».

L’allaitement peut donc s’avérer un précieux allié pour une maman débordée ou une maman qui travaille même si cela peut paraître contradictoire.

En outre, de nombreuses mamans actives ont fait le choix de consommer des produits bios lorsqu’elles peuvent se le permettre. Il paraît donc naturel pour ces mamans d’allaiter leurs bébés… car il ne s’agit quelque part que d’un prolongement de leurs habitudes de consommation. Dans ce cas, pourquoi être choqué lorsqu’une maman allaite alors qu’elle travaille ?

Alors, sans revenir a des « extrêmes » tels que le retour des couches lavables que je n’encourage pas forcément (désolée mais ce n’est vraiment pas mon truc), j’estime que l’on peut mener un combat féministe tout en étant favorable à l’allaitement. Il n’y a la rien de dégradant pour une femme, bien au contraire.

Et j’incite toutes celles qui partagent cette vision du travail et de l’allaitement, ou plus largement de la maternité, à participer a la première conférence Maman Travaille, organisée par Marlène Schiappa, le 9 février 2012. De manière générale, un évènement très intéressant pour toutes celles qui se sentent concernées par la conciliation vie privée / vie professionnelle.
Plus d’infos ici et pour vous inscrire >>

En conclusion : Maman Allaite ET Maman Travaille ! Ça c’est la théorie… A venir la pratique, et la on va bien rire :-) Je vois d’ici les anecdotes croustillantes que je vais vous raconter sur ma reprise du travail et l’allaitement, ce fut … épique!

PostHeaderIcon Allaitement sans frontières : zoom sur l’INDONESIE et les ETATS UNIS

Certains pays se montrent particulièrement créatifs lorsqu’il s’agit de trouver des initiatives favorisant l’allaitement maternel. Mais leurs solutions peuvent parfois être un peu radicales…

La loi indonésienne est on ne peut plus claire depuis ce fameux décret de 2009, émanant du ministère de la santé « tout bébé (avait) le droit d’être nourri exclusivement au lait maternel depuis sa naissance jusqu’à l’âge de 6 mois, sauf contre-indication médicale ». Il n’en fallu pas plus a Fikri pour monter son entreprise de coursier de lait maternel. Partant du principe que comme sa propre femme, de nombreuses mères indonésiennes étaient contraintes de reprendre le travail alors qu’elles souhaitaient/ devaient poursuivre leur allaitement, il eut cette idée qui remporta un franc succès ! Le principe est simple et son projet a été fortement médiatisé a la TV et sur le web: les mamans tirent leur lait sur leur lieu de travail, puis le coursier vient le récupérer. Il le transporte ensuite dans une glacière sur son scooter, jusqu’à leur domicile ou la nounou récupère le précieux breuvage pour nourrir le bébé.

Rappelons qu’en Indonésie l’allaitement est aussi un enjeu économique majeur car le cout d’une boite de lait est le plus souvent très onéreux pour la famille. D’ailleurs, toute forme de promotion et de publicité pour le lait en poudre infantile (0 à 6 mois) est strictement interdite en Indonésie.

Plus d’infos sur la pratique de l’allaitement maternel en Indonésie ci-dessous : http://www.courrierinternational.com/article/2011/04/12/du-lait-frais-pour-les-bebes

Toujours sur le même registre, direction les Etats-Unis et la prohibition ! Cette fois, il s’agit d’un état américain, le plus petit du pays : Rhode Island, qui a tout bonnement décidé d’interdire la distribution de lait en poudre infantile dans ses maternités. Rien que ca… L’objectif étant d‘inciter les mamans à allaiter a tout prix. C’est une décision particulièrement extrême, qui ne me paraît pas forcement être la plus judicieuse. Chaque maman devrait elle même choisir ce qu’elle estime être le meilleur pour son enfant. Même si a titre personnel je souhaite encourager les mamans a allaiter, j’ai du mal a concevoir que leur mettre une telle pression a la naissance de leur enfant puisse être vraiment constructif. Néanmoins, si elles rencontrent trop de difficultés dans leur allaitement ou si elles manquent de lait, elles peuvent tout de même recourir au lait en poudre, mais je doute que ce soit sous le regard bienfaisant des instigateurs de cette initiative… Cela dit, lorsque l’on connaît les vertus de l’allaitement maternel pour lutter contre l’obésité, on peut s’interroger sur l’origine de la motivation de ces américains de Rhode Island…

Plus de détails sur cette nouvelle reforme : http://www.magicmaman.com/,etats-unis-la-distribution-de-lait-infantile-en-maternite-interdite,2220,1960393.asp

A suivre prochainement, d’autres illustrations d’Allaitement sans Frontières.

PostHeaderIcon L’insertion des femmes avec enfants dans la société

Emission LCM du 4 mai 2011. Invités du plateau : Valérie Boyer, adjointe au maire déléguée à la politique de la ville; Tony Sessine, chef d’entreprise et président de l’association des commerçants de Plan de Campagne; Emilie G., maman; Patrick De Boisse pédiatre et président de l’association « Autour de l’enfant ».

Cliquez sur ce lien pour visionner la video :
Insertion des femmes avec enfants dans la société

PostHeaderIcon L’allaitement maternel, un véritable challenge après une césarienne !

La césarienne interfère avec l’allaitement comme le montre cette enquête menée par V Zanardo et coll. qui ont pris la précaution de distinguer les césariennes programmées des césariennes en urgence. Voilà qui est une donnée importante pour les pays à fort taux de césariennes.

L’enquête porte sur les naissances à terme en 2007 dans un centre périnatal du nord-est de l’Italie où l’allaitement est favorisé par le « peau à peau » et la mise au sein en salle d’accouchement, et par une chambre mère-enfant (« rooming-in ») en suites de couches. Les mères ne parlant pas italien et les enfants transférés (20 %) ont été exclus de l’étude.

Un peu plus de 30 % des accouchements ont eu lieu par césarienne (677/2 173) ; 3 fois sur 5, l’extraction avait été programmée pour un utérus cicatriciel ou une autre raison ; 2 fois sur 5, elle avait été faite en urgence pour une souffrance foetale, un travail long, une dystocie… Les enfants issus des césariennes en urgence avaient un terme et un poids moyens moindres que ceux nés par voie basse ou césarienne programmée, et les mères étaient plus âgées (p <0,001).