PostHeaderIcon Maman allaite & maman travaille. La pratique !

On a vu la théorie dans le dernier article « Maman Allaite et Maman Travaille. Et pourquoi pas ? » , passons maintenant à la pratique si vous le voulez bien. Et la, je préfère vous prévenir, c’est le b*****… Pardonnez moi l’expression mais il vaut mieux rester honnête, ca reste compliqué de tout mener de front pour une femme: notamment le travail et l’allaitement.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, revenons en au point de départ : les galères de l’allaitement avec mon fils (premier enfant). Il faut dire que j’avais déjà été un peu fragilisée par l’accouchement (je devrais plutôt dire la césarienne) et les semaines qui ont suivi ont vraiment été dures a gérer. Rien de grave, mais pour commencer, allaiter après une césarienne ce n’est pas le plus facile. Je ne conteste pas que l’allaitement est naturel, mais ca reste un mécanisme complexe à mettre en place pour certaines d’entre nous. Je crois que c’est important de le reconnaître. Vous pouvez d’ailleurs consulter cet article médical posté sur le blog il y a quelques temps, très instructif : L’allaitement maternel, un véritable challenge après une césarienne !J’ai en effet eu tout un tas de difficultés dans mon allaitement, comme de nombreuses femmes (vous vous reconnaitrez peut-être) : douleurs lors de la montée de lait, crevasses liées a une mauvaise position du bébé au départ (le cataplasme a base de Smecta et Bepanthene a très bien fonctionné !), mauvaise gestion des pics de croissance du bébé dont je ne comprenais pas les hurlements, des douleurs au sein effroyables dues a une candidose des mamelons qui tardait a guérir, les coliques du nourrisson et reflux qui engendraient des pleurs permanents du bébé …. Bref, panique a bord avec tout un tas de personnes bien intentionnées autour de moi pour me dire ce que j’avais a faire (grrr je déteste ca !), et qui se sont toutes improvisées expertes de l’allaitement. Sous prétexte que la voisine d’un tel ou d’une telle qui était infirmière était amie avec une femme dont le lait n’était pas assez nourrissant, bla bla bla , j’aurai du tout arrêter et donner le biberon. Cherchez l’erreur… Mais même si je ne savais plus comment parvenir à un allaitement serein, je n’étais pas prête à arrêter et renoncer a tous mes efforts si facilement. Il faut dire qu’après la naissance d’un enfant, on peut se sentir un peu dépassée par les évènements, avec un certaine fragilité émotionnelle, ou une sorte de vulnérabilité plutôt… merci les hormones… Ce n’est généralement pas la période la plus favorable pour avoir confiance en soi. Mais finalement, avec le soutien d’un certain nombre de gens (sages femmes, pédiatre, consultante en lactation, sans oublier mon conjoint biensur) j’ai réussi à avancer. Internet m’a aussi beaucoup aidé à rechercher les infos dont j’avais besoin, une vraie mine d’or même si il faut faire le tri… surtout sur un sujet comme l’allaitement dont regorgent les forums féminins.

Maintenant que vous connaissez un peu le contexte de mon allaitement, petit zoom sur ma vie active. J’ai vécu a l’étranger durant les sept premiers mois de ma grossesse, et a mon retour en France, j’ai conservé mon poste que j’ai rapatrié de l’étranger : responsable commerciale dans une start up des nouvelles technologies. Une petite entreprise d’une quinzaine de personnes, dont j’étais la seule représentante en France et en Europe. Il était donc convenu que je reprendrai mon poste et mes responsabilités au terme de mon congé maternité.

Seulement voilà, tout a commencé un samedi après-midi. Mon bébé avait environ 2 mois et je n’avais toujours pas réussi à stabiliser mon allaitement comme je vous l’ai expliqué précédemment (oui je sais, pas très douée la fille). Mon père et ma grand mère étaient venus du Pole Nord de Nancy pour m’aider avec le bébé, mon conjoint étant absent durant plusieurs jours a ce moment la. C’est alors que j’ai reçu un email de mon employeur, le big boss, me demandant des nouvelles du bébé et par la même occasion si je pouvais me rendre à Barcelone le lendemain pour un congrès qui démarrait le lundi avec des RDV clients très importants. Hmmm, ca va pas non ? Comment dire… « C’est que ça tombe un peu mal puisque j’allaite mon BB et je ne souhaite pas le laisser seul à Marseille pour plusieurs jours. Donc je vous propose un deal : OK, je viens, mais avec mon BB. La blague… Et avec ma famille ». Si si, je vous assure je leur ai réellement dit ça (ou plutôt écrit par mail). Donc là, panique a bord ! Toutes les affaires a préparer dans l’urgence pour partir tôt le lendemain matin. En plus, comme le BB ne faisait pas encore ses nuits, difficile d’avoir les idées claires et la tête au boulot.

Finalement on est arrivés sans trop d’encombres à Barcelone le lendemain. Je vous passe tous les détails logistiques et les galères dans l’organisation… Il était convenu avec mon entreprise qu’ils prenaient en charge financièrement une chambre d’hôtel pour ma famille en plus de celle que je partageais avec le bébé. Ainsi, lorsque je travaillais sur les dossiers pour préparer mes RDV, le BB était avec ma famille qui me le ramenait lorsqu’il avait faim. Ensuite, lorsque j’ai participé aux réunions avec les clients le lundi, ma famille patientait dans la voiture avec le bébé et je m’éclipsais dès que je le pouvais entre deux réunions pour venir l’allaiter quelques minutes. Vous allez me dire que j’aurai pu tirer mon lait, et leur confier les biberons de lait maternel, que ça aurait été certainement plus simple a gérer. C’est vrai. Mais a cette époque, même si j’avais bien récupéré le tire lait électrique (dit aussi magique) Medela, je le trouvais tellement imposant que ça m’avait découragé de m’en approcher (possibilité de le louer gratuitement pour plusieurs mois, sur ordonnance). Et je ne parle pas du tire lait manuel bas de gamme que j’avais acheté auparavant et dont je ne parvenais même pas à me servir. Je crois qu’il y avait aussi un blocage psychologique, le côté « mammifère » qui me déplaisait un peu. BREF, j’étais réticente à tirer mon lait à cette époque.

Mais j’ai changé d’avis. Très vite. Lorsque j’ai officiellement repris le travail, j’ai été amenée à me déplacer fréquemment et là, autant le reconnaître, le tire lait est vite devenu incontournable, bien que contraignant. Avec les nombreux allers retours Marseille-Paris, je me suis vite décidée à emmener le tire lait électrique pour simplifier les choses. Mais porter cet engin dans le métro de Paris avec toutes les marches d’escalier, et le bordel ambiant, ce n’est vraiment pas le top. Il tenait bien dans ma valise mais ça pesait une tonne et je ne pouvais rien ajouter d’autre! Même plus de place pour les vêtements. Arrivée chez ma meilleure amie, sa première réaction a la vue de la « bête » fut plutôt perplexe : « mais tu es venue avec une caisse a outils ?… ». Non, juste un tire lait électrique… J’ai finalement décidé de le laisser chez elle afin de ne plus avoir a le transporter systématiquement chaque semaine. Et là, j’ai compris ma douleur : passer une journée entière avec des RDV professionnels, sans tire lait, et avec une forte lactation… Pour la première fois de ma vie, les hommes ne me regardaient plus dans les yeux mais scrutaient mon décolleté, sur le point de faire exploser ma robe. Ça y est, mes propos n’avaient plus aucun intérêt, et en plus ma poitrine était douloureuse comme jamais. Il ne me restait plus qu’à filer dans les toilettes pour essayer de remplacer le tire lait absent et extraire le lait avec mes mains. Quelle joie… Et pourtant j’ai dû continuer ainsi, jusqu’à mon retour à Marseille très tard le soir, même dans les toilettes du TGV… Très glamour. Inutile de préciser que toutes les fois suivantes, je partais systématiquement avec le tire lait manuel, pour ne plus revivre ça. Et lorsque le bébé a eu sept mois, je l’ai sevré complètement, et depuis il est au biberon. Je suis déjà heureuse d’avoir pu prolonger l’allaitement aussi longtemps compte tenu des circonstances.

Mais je comprends que les mamans qui reprennent le travail puissent se sentir découragées de poursuivre l’allaitement. C’est précisément pour cette raison que nous avons mis en place une pétition visant à prolonger le congé maternité. Celles qui le souhaitent pourront ainsi poursuivre leur allaitement en toute sérénité. Pour les autres, qui reprennent le travail plus rapidement (par choix ou nécessité absolue) j’ai une bonne nouvelle a partager avec vous : une étude intéressante parue il y a quelques jours montre que les femmes actives seraient plus épanouies que les femmes au foyer ! plus de détails dans cet article.

PostHeaderIcon Allaitement et polémique chez les peoples

Un parfum de scandale flotte dans les médias ces derniers temps lorsqu’il s’agit d’évoquer les peoples et l’allaitement maternel. Le débat est toujours passionné !

Dernièrement, c’est Marion Cotillard qui a choqué l’opinion en allaitant son fils Marcel de 5 mois (fruit de son union avec Guillaume Canet) au restaurant « château Marmont » de Los Angeles (octobre 11). Il lui a été reproché de dévoiler son sein au milieu du restaurant, sous les yeux effarés des clients. Il faut dire qu’aux Etats-Unis on ne plaisante pas avec la pudeur ! Elle ne s’était pas rendue compte que tout le monde la regardait et a vite réagi en couvrant le bébé et sa poitrine avec une couverture pour mettre fin a la polémique.

Cela reste intéressant de constater que la plupart des articles qui relatent cette histoire donnent lieu à de nombreux commentaires sur internet autour de la question centrale de la pudeur. Peut-on allaiter dans un lieu public ? Les principaux détracteurs affirment qu’ils ne souhaitent pas qu’on leur impose la vue des seins d’une femme qui allaite… Alors que notre société de consommation nous impose des images de femmes dévêtues dans les publicités à longueur de temps, est-ce si choquant de simplement voir une maman nourrir un bébé ? On est bien d’accord, ca peut se faire en toute discrétion, inutile d’étaler ses seins dans l’assiette de son voisin au restaurant… Je suis volontiers pour le respect des mères qui allaitent, mais aussi pour celui de tous ceux qui n’allaitent pas :-)

Hélène Parat, psychanalyste, et auteur de l‘ouvrage « sein de femme, sein de mère » a décrypté pour le site Magicmaman le rejet de certaines personnes face a une maman qui allaite en public. Rappelons que selon le sondage IFOP réalisé en 2009, 25% des françaises de moins de 35 ans se déclaraient choquées par cette pratique. Selon Mme Parat, plusieurs raisons peuvent expliquer cette attitude, notamment la confusion entre le sein érotique (connotation sexuelle) et le sein maternel (connotation nourricière). Par ailleurs, une mère qui allaite son enfant à la vue de tous ferait ressurgir chez ces personnes un certain nombre d’émotions inconscientes relatives à la petite enfance, dont certaines inconfortables… Enfin, les femmes d’aujourd’hui, dans leur volonté d’être libres, indépendantes, modernes, ne souhaiteraient pas être réduites au statut de « mammifère » en allaitant leur enfant. Le plus souvent, c’est cette dimension un peu « animale » qui peut créer des freins chez certaines mamans, incapables alors de concevoir l’allaitement. Comme Mme Parat le souligne si bien, à notre époque la maternité n’est plus forcément considérée comme incontournable pour l’accomplissement d’une femme…
Plus de détails sur le sujet ici >>
Et vous, quelle est votre perception d’une maman qui allaite en public ?

Pour en revenir aux peoples, et à leur surexposition, Angelina jolie a également fait beaucoup parler d’elle sur le sujet de l’allaitement. Et pour cause, son mari Brad Pitt l’a photographiée en train d’allaiter l’un de leurs deux jumeaux. Les photos, exclusives, ont ensuite été diffusées dans le magazine W (octobre 2008).

Une statue de bronze a d’ailleurs été sculptée un an plus tard par Daniel Edwards, inspirée par ces photos et représentant Angelina allaitant les jumeaux. Elle a été dévoilée lors de la semaine mondiale de l’allaitement. J’ai trouvé cette initiative marrante bien qu’un peu de mauvais gout… Mais cela prête à sourire, surtout que l’œuvre d’art n’est pas forcément fidèle à la réalité : Angelina n’a jamais allaités les jumeaux en même temps mais toujours l’un après l’autre. Et l’un des deux bébés représentés est d’origine africaine car l’idée était de promouvoir l’allaitement maternel dans toutes les cultures.

Gisèle Bundchen, célèbre mannequin brésilien, a elle aussi été en quelques sortes, ambassadrice de l’allaitement. Mais ses propos un peu radicaux ont déclenché une forte polémique, même auprès des associations militantes pour l’allaitement telles que la Leche League. Elle a déclaré qu’il devrait y avoir une loi internationale obligeant les mères à allaiter leur enfant pendant 6 mois (aout 2010). Elle s’est donc indignée contre les mamans qui donnent des biberons de lait chimique a des enfants si petits… Elle a notamment vanté les vertus de l’allaitement pour perdre du poids, et cela semble avoir bien fonctionné pour elle, parallèlement au travail entrepris avec ses coachs puisqu’elle a repris les séances photos six semaines seulement après son accouchement.

Les réactions ne se sont pas fait attendre et ont le plus souvent été violentes envers le top, qui a cruellement manqué de délicatesse. Elle a finalement nuancé son jugement devant l’affolement général et déclaré s’être mal exprimée face aux journalistes : « Mon intention de parler de l’importance de l’allaitement n’avait rien à voir avec la loi, a-t-elle indiqué sur son blog. Elle venait de ma passion et mon dévouement pour les enfants. Devenir mère m’a amenée à me poser beaucoup de questions, je suis en recherche permanente du meilleur pour mon enfant. C’est dommage que dans une interview les choses apparaissent noires ou blanches. Je suis sûre que si je m’étais assise avec d’autres mères et en avais parlé pour partager mes expériences, nous aurions juste échangé nos opinions. Je comprends que chacun à ses propres expériences et opinions, je ne juge personne. ».
Voila pour les excuses, a posteriori.

Le principal intérêt que je retiens de ce débat est une question centrale: quels sont les leviers et arguments que nous pourrions utiliser afin de promouvoir l’allaitement maternel et ainsi en faire une norme en France ?

Jouer sur l’axe de la culpabilisation n’est pas le moyen le plus fin pour inciter les mamans à allaiter. Il faut arrêter de prétendre qu’il faut allaiter son enfant pour être une bonne mère. Même si j’adore l’allaitement, je peux concevoir que toutes les mamans ne partagent pas ma position. Au risque d’en choquer plus d’unes, mon fils d’un an prend maintenant son lait au biberon et mange des petits pots. C’est vrai que je cours toujours avec un travail a plein temps, et des déplacements professionnels, donc lorsque j’ai un peu de temps libre je préfère me consacrer a mon fils plutôt que de passer du temps a cuisiner. Ca se discute, je vous l’accorde. Le principal est qu’il a l’air de bien se porter et incarne la joie de vivre :-)

Au fond, je crois qu’on espère toutes être la maman idéale, et souvent la réalité nous rattrape face a toutes les contraintes que nous devons gérer au quotidien. Finalement, être une bonne mère, n’est-ce pas une mère qui élève son enfant en accord avec ses valeurs, qu’elle estime légitimes ?

Et pour retrouver la liste, pratiquement exhaustive, des peoples qui ont allaités ou été allaités, voici un article très complet sur le site du lien lacté (une vraie mine d’informations par ailleurs !)

PostHeaderIcon Une montée de lait à tout prix !

Le médicament « Motilium », connu aussi sous le nom de « Domperidone », initialement prescrit aux personnes souffrant de nausées et vomissements vient d’être mis en cause par l’AFSSAPS en raison de son utilisation fréquente par les mamans qui allaitent, pour favoriser leur production de lait maternel. Les autorités sanitaires estiment manquer de recul pour juger des conséquences de cet usage détourné, qui peut ne pas être anodin pour les mères (mort subite et complications cardiaques seraient les principaux risques).

Si ce médicament présente la particularité de stimuler la lactation (effet secondaire), il reste officiellement contre indiqué durant l’allaitement comme stipulé sur la notice. Dans le doute, il est donc préférable pour les mamans concernées, de rester prudentes sur le dosage du médicament, et de le prendre a titre exceptionnel.

Une question subsiste : a travers les différents articles de presse, l’AFSSAPS incrimine a demi mots les associations pro allaitement et les médecins qui recommandent le Motilium aux mamans. Mais s’agit-il simplement d’un principe de précaution sanitaire ? Quel est le réel message que l’on souhaite véhiculer aux mamans ?

De nombreux articles sont publiés au sujet de l’utilisation du Motilium dans le cadre de l’allaitement, pour plus de détails, vous pouvez consulter celui-ci :

Il y a quelques mois, l’AFSSAPS nous mettait déjà en garde – a juste titre – contre les dangers de l’échange de lait maternel a travers le réseau « The Human Milk for Human Babies global network », largement développé sur Facebook. Le lait, comme le sang, peut transmettre un certain nombre d’agents infectieux et constitue alors un vrai danger pour l’enfant en l’absence de contrôles stricts. Seuls les lactariums agrées permettent d’obtenir un lait sûr pour les bébés. Pour plus d’infos sur les risques sanitaires encourus avec cette pratique, vous pouvez consulter le communiqué de presse officiel

Même si l’allaitement maternel impose une certaine discipline (on ne peut pas faire n’importe quoi lorsqu’il s’agit de notre santé et de celle de nos enfants), cela n’en demeure pas moins le mode d’alimentation le plus sain pour bébé. Ces mises en gardes sont donc légitimes mais ne doivent en aucun cas décourager les mamans qui rencontrent des difficultés dans leur allaitement.

Et n‘oublions pas que la manière la plus sure d’obtenir suffisamment de lait pour nourrir le bébé reste encore de le mettre au sein le plus fréquemment possible, suivant ce raisonnement basique : plus l’enfant tète, plus le corps de la maman produit le lait. La nature est bien faite (le plus souvent !) : une simple loi de l’offre et de la demande :-) . C’est d’autant plus vrai si la maman a une bonne alimentation (boire beaucoup d’eau également) et une bonne hygiène de vie.

Pour le petit coup de pouce, un certain nombre d’aliments sont réputés favorables pour la lactation : les lentilles, les topinambours cuits, la coriandre, l’ortie blanche, le cumin, l’anis vert, l’aneth, le basilic, les carottes, le fenouil sauvage, le malt, la verveine officinale… ou alors la tisane Weleda, spécifique pour la lactation. A vérifier…

PostHeaderIcon Maman Allaite et Maman Travaille. Et pourquoi pas ?

Pour lutter contre une vague de préjugés qui ont la vie dure et qui consistent à penser que l’allaitement s’adresse exclusivement aux femmes qui n’ont pas de vie active, ou du moins pas d’ambition et qui restent clouées a la maison en pyjama pour s’occuper de leurs bambins… Bon c’est vrai j’avoue, j’ai moi même ressemblé a ça dans les premiers temps. On m’a même surnommée la vache « Milka » avec mon pyjama Etam mauve couvert de taches de lait à la sortie de la maternité, mes 23 KG pris pendant la grossesse, mes envies folles de chocolat …

Mais ca n’a duré qu’un temps car très vite j’ai perdu tout ce poids (Ouf !!! merci l’allaitement) et retrouvé mes tailleurs, mon maquillage, mes talons aiguilles et mes RDV clients. Je persiste et je signe : on peut tout a fait être mère et désirer allaiter tout en ayant un plan de carrière, les deux n’étant pas incompatibles contrairement à la thèse soutenue par Mme Elisabeth Badinter dans son ouvrage “Le Conflit, la femme et la mère”. Si je suis effectivement d’accord avec la plupart de ses idées et son combat féministe, je ne la rejoins vraiment pas sur sa vision de l’allaitement. Pour une analyse très fine de son livre et orientée « allaitement », je vous recommande vivement la lecture de cet article très pertinent de Solène, rédactrice du blog MamaNANA :

A priori on peut penser qu’une mère active souhaitera certainement faire le choix de l’indépendance : elle se dira alors que l’idéal est une répartition des tâches équitable avec son mari, en donnant le biberon au BB a tour de rôle… blablabla … J’ai moi même eu ce raisonnement au cours de ma grossesse donc je le connais. Mais finalement, est-ce que donner le biberon est réellement une solution d’indépendance ou de facilité, comme on pourrait le penser ? Je n’en suis pas si sure, faut voir… J’en suis en tout cas vite venu a la conclusion que : 1) nettoyer le biberon, 2) stériliser le biberon 3) faire chauffer l’eau a la bonne température 4) ajouter la poudre de lait avec une mesure rase dont la moitié se renverse a côté a chaque fois parce que j’ai deux mains gauches etc… c’était bien trop contraignant pour moi. Surtout que lorsque le bébé ne fait pas encore ses nuits, ca impose un réveil brutal et après, dur dur de se rendormir. Avec l’allaitement on reste dans un semi sommeil, les hormones aidant, le bébé dans les bras, je trouve ca un peu moins violent. Quand on est une maman qui travaille beaucoup (ou une maman très occupée par ailleurs… même si ce n’est pas par une activité professionnelle), tous les prétextes sont bons pour gagner du temps. Entre préparer un biberon et sortir un sein, y’a pas photo !

Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié le côté pratique de l’allaitement lorsque je me rendais quelque part avec le BB. Inutile de prévoir alors l’armada de biberons parce que j’avais déjà tout sous la main, et a bonne température :-) . Je me suis sentie vraiment indépendante, je prenais ma voiture et où que je sois, peu importe la durée, j’avais toujours tout ce qu’il fallait pour nourrir le bébé et ce avec la plus simple organisation qui soit. Pas la peine de s’exhiber en public si on ne le souhaite pas, mais on peut toujours allaiter et être discrète ! D’ailleurs pour l’anecdote, l’allaitement s’est avéré très pratique chez le pédiatre lorsque l’enfant finissait par s’impatienter dans la salle d’attente (oui Patrick, tu as un peu de retard parfois lol) ou lors d’un vaccin, lorsque l’enfant tête le sein de sa mère, cela calme sa douleur. Aujourd’hui mon fils a un an et je lui donne le biberon avec du lait en poudre parce que je ne souhaite plus l’allaiter mais ça n’empêche que je regrette tout de même le côté « pratique ».

L’allaitement peut donc s’avérer un précieux allié pour une maman débordée ou une maman qui travaille même si cela peut paraître contradictoire.

En outre, de nombreuses mamans actives ont fait le choix de consommer des produits bios lorsqu’elles peuvent se le permettre. Il paraît donc naturel pour ces mamans d’allaiter leurs bébés… car il ne s’agit quelque part que d’un prolongement de leurs habitudes de consommation. Dans ce cas, pourquoi être choqué lorsqu’une maman allaite alors qu’elle travaille ?

Alors, sans revenir a des « extrêmes » tels que le retour des couches lavables que je n’encourage pas forcément (désolée mais ce n’est vraiment pas mon truc), j’estime que l’on peut mener un combat féministe tout en étant favorable à l’allaitement. Il n’y a la rien de dégradant pour une femme, bien au contraire.

Et j’incite toutes celles qui partagent cette vision du travail et de l’allaitement, ou plus largement de la maternité, à participer a la première conférence Maman Travaille, organisée par Marlène Schiappa, le 9 février 2012. De manière générale, un évènement très intéressant pour toutes celles qui se sentent concernées par la conciliation vie privée / vie professionnelle.
Plus d’infos ici et pour vous inscrire >>

En conclusion : Maman Allaite ET Maman Travaille ! Ça c’est la théorie… A venir la pratique, et la on va bien rire :-) Je vois d’ici les anecdotes croustillantes que je vais vous raconter sur ma reprise du travail et l’allaitement, ce fut … épique!

PostHeaderIcon Allaitement sans frontières : zoom sur l’INDONESIE et les ETATS UNIS

Certains pays se montrent particulièrement créatifs lorsqu’il s’agit de trouver des initiatives favorisant l’allaitement maternel. Mais leurs solutions peuvent parfois être un peu radicales…

La loi indonésienne est on ne peut plus claire depuis ce fameux décret de 2009, émanant du ministère de la santé « tout bébé (avait) le droit d’être nourri exclusivement au lait maternel depuis sa naissance jusqu’à l’âge de 6 mois, sauf contre-indication médicale ». Il n’en fallu pas plus a Fikri pour monter son entreprise de coursier de lait maternel. Partant du principe que comme sa propre femme, de nombreuses mères indonésiennes étaient contraintes de reprendre le travail alors qu’elles souhaitaient/ devaient poursuivre leur allaitement, il eut cette idée qui remporta un franc succès ! Le principe est simple et son projet a été fortement médiatisé a la TV et sur le web: les mamans tirent leur lait sur leur lieu de travail, puis le coursier vient le récupérer. Il le transporte ensuite dans une glacière sur son scooter, jusqu’à leur domicile ou la nounou récupère le précieux breuvage pour nourrir le bébé.

Rappelons qu’en Indonésie l’allaitement est aussi un enjeu économique majeur car le cout d’une boite de lait est le plus souvent très onéreux pour la famille. D’ailleurs, toute forme de promotion et de publicité pour le lait en poudre infantile (0 à 6 mois) est strictement interdite en Indonésie.

Plus d’infos sur la pratique de l’allaitement maternel en Indonésie ci-dessous : http://www.courrierinternational.com/article/2011/04/12/du-lait-frais-pour-les-bebes

Toujours sur le même registre, direction les Etats-Unis et la prohibition ! Cette fois, il s’agit d’un état américain, le plus petit du pays : Rhode Island, qui a tout bonnement décidé d’interdire la distribution de lait en poudre infantile dans ses maternités. Rien que ca… L’objectif étant d‘inciter les mamans à allaiter a tout prix. C’est une décision particulièrement extrême, qui ne me paraît pas forcement être la plus judicieuse. Chaque maman devrait elle même choisir ce qu’elle estime être le meilleur pour son enfant. Même si a titre personnel je souhaite encourager les mamans a allaiter, j’ai du mal a concevoir que leur mettre une telle pression a la naissance de leur enfant puisse être vraiment constructif. Néanmoins, si elles rencontrent trop de difficultés dans leur allaitement ou si elles manquent de lait, elles peuvent tout de même recourir au lait en poudre, mais je doute que ce soit sous le regard bienfaisant des instigateurs de cette initiative… Cela dit, lorsque l’on connaît les vertus de l’allaitement maternel pour lutter contre l’obésité, on peut s’interroger sur l’origine de la motivation de ces américains de Rhode Island…

Plus de détails sur cette nouvelle reforme : http://www.magicmaman.com/,etats-unis-la-distribution-de-lait-infantile-en-maternite-interdite,2220,1960393.asp

A suivre prochainement, d’autres illustrations d’Allaitement sans Frontières.

PostHeaderIcon L’insertion des femmes avec enfants dans la société

Emission LCM du 4 mai 2011. Invités du plateau : Valérie Boyer, adjointe au maire déléguée à la politique de la ville; Tony Sessine, chef d’entreprise et président de l’association des commerçants de Plan de Campagne; Emilie G., maman; Patrick De Boisse pédiatre et président de l’association « Autour de l’enfant ».

Cliquez sur ce lien pour visionner la video :
Insertion des femmes avec enfants dans la société

PostHeaderIcon L’allaitement maternel, un véritable challenge après une césarienne !

La césarienne interfère avec l’allaitement comme le montre cette enquête menée par V Zanardo et coll. qui ont pris la précaution de distinguer les césariennes programmées des césariennes en urgence. Voilà qui est une donnée importante pour les pays à fort taux de césariennes.

L’enquête porte sur les naissances à terme en 2007 dans un centre périnatal du nord-est de l’Italie où l’allaitement est favorisé par le « peau à peau » et la mise au sein en salle d’accouchement, et par une chambre mère-enfant (« rooming-in ») en suites de couches. Les mères ne parlant pas italien et les enfants transférés (20 %) ont été exclus de l’étude.

Un peu plus de 30 % des accouchements ont eu lieu par césarienne (677/2 173) ; 3 fois sur 5, l’extraction avait été programmée pour un utérus cicatriciel ou une autre raison ; 2 fois sur 5, elle avait été faite en urgence pour une souffrance foetale, un travail long, une dystocie… Les enfants issus des césariennes en urgence avaient un terme et un poids moyens moindres que ceux nés par voie basse ou césarienne programmée, et les mères étaient plus âgées (p <0,001).