Archive pour la catégorie ‘La parole aux pros’

PostHeaderIcon Bénéfices de l’allaitement maternel & enjeux économiques

Synthèse des données médico-économiques sur les bénéfices de l’allaitement maternel.

Du Dr Raphaël Serreau, pharmacologue et médecin de Santé Publique à Paris, Président du Réseau Médic-Al 

Quelques chiffres significatifs :

France

(1997) Si on voyait apparaître une élévation de 5% du taux d’allaitement, une économie de 2,7 millions d’euros par an pourrait être faite sur les seules dépenses liées aux pathologies des jeunes nourrissons (0-6 mois).

(2005) On pourrait ainsi éviter 8 000 cas de diarrhées à rotavirus et 1 000 hospitalisations par an.

Soit un gain 3 millions d’€/an ? si on établit qu’il pourrait y avoir 3 000 € d’économie par hospitalisation évitée.

On constate une évolution de la prévalence de l’initiation de l’allaitement (exclusif et partiel) en maternité en France de 1972 à 2003 de 36% à 62.5%.

En 2012, en extrapolant les résultats de cette étude avec un taux d’allaitement moyen de 70% à la naissance et en émettant l’hypothèse que les nourrissons font des infections graves, d’autant plus s’ils sont prématurés, nous pourrions atteindre la fourchette haute de 10 millions d’euros économisés si l’allaitement maternel se poursuivait à plus de 15 % au delà des 3 mois jusqu’aux 6 mois de l’enfant.

GB

(2007) 300 £ de dépenses en moins par enfant en cas d’allaitement sur 12 mois, par rapport à un enfant non allaité

Italie

(2006) 234 € / 133 € par enfant hospitalisé sur l’année ; soit 6 fois plus d’infection pour le non allaité par rapport à l’allaitement

USA

(1999) 475 dollars dépenses par enfant non allaité sur 12 mois par rapport à un enfant allaité.

(2001) 3,6 milliards de dollars + 25 % allaitement, jusqu’à 13 milliards de dollars si 90% des enfants étaient allaités jusqu’à l’âge de 6 mois (2010)

En conclusion, les résultats des publications de 1997 à 2012 sont convergents dans les pays riches, aussi bien en Europe et aux USA. L’allaitement maternel exclusif (ou partiel) permet de faire des économies significatives pour la société en fonction de la durée de l’allaitement maternel en particulier pour les hospitalisations évitées.

Ces économies deviendraient très importantes pour les organismes d’assurance maladie si l’allaitement maternel était prolongé au delà des 3 premiers mois de l’enfant.

A l’échelon individuel, en réalisant une projection par rapport à l’étude de 1997 sur les données du rapport PNNS 2010, les familles en France pourraient réaliser une économie de 50 à 100 € par mois par enfant allaité soit près de 1 200 € par an.

PostHeaderIcon Mamans allaitantes, besoin de vous pour l’étude ANTALAIT !

Le programme hospitalier de recherche clinique ANTALAIT a pour objectif d’évaluer le passage de l’ibuprofène et du kétoprofène dans le lait maternel mature et à terme de permettre une prescription plus éclairée de ces deux molécules.

Nous invitons donc les mères allaitantes et prenant de l’ibuprofène (Advil, Nurofen, Spedifen, etc.) ou du kétoprofène (Profenid, Toprec, Ketum, etc.) a participer à cette étude. Pour plus de détails, vous pouvez voir l’affiche ci-dessous avec l’ensemble des coordonnées des personnes a contacter.
MERCI pour votre aide!

PostHeaderIcon L’allaitement maternel, un véritable challenge après une césarienne !

La césarienne interfère avec l’allaitement comme le montre cette enquête menée par V Zanardo et coll. qui ont pris la précaution de distinguer les césariennes programmées des césariennes en urgence. Voilà qui est une donnée importante pour les pays à fort taux de césariennes.

L’enquête porte sur les naissances à terme en 2007 dans un centre périnatal du nord-est de l’Italie où l’allaitement est favorisé par le « peau à peau » et la mise au sein en salle d’accouchement, et par une chambre mère-enfant (« rooming-in ») en suites de couches. Les mères ne parlant pas italien et les enfants transférés (20 %) ont été exclus de l’étude.

Un peu plus de 30 % des accouchements ont eu lieu par césarienne (677/2 173) ; 3 fois sur 5, l’extraction avait été programmée pour un utérus cicatriciel ou une autre raison ; 2 fois sur 5, elle avait été faite en urgence pour une souffrance foetale, un travail long, une dystocie… Les enfants issus des césariennes en urgence avaient un terme et un poids moyens moindres que ceux nés par voie basse ou césarienne programmée, et les mères étaient plus âgées (p <0,001).