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Les dix commandements de la césarienne

Valables surtout lorsque l’intervention est prévue en avance et lorsqu’il ne s’agit pas d’une césarienne de convenance. Sachant qu’environ deux tiers des césariennes sont programmées avant le travail, et un tiers sont décidées en cours d’accouchement.

1. La césarienne tu accepteras (ou tu dédramatiseras). Au choix. C’est vrai que c’est tout sauf l’accueil douillet dont tu rêvais pour les premiers instants de vie de ton enfant. Mais si c’est nécessaire pour que maman et bébé aillent bien, alors la est le principal. Le plus souvent c’est une question de survie, donc le mieux est encore d’accueillir le bébé le plus sereinement possible, même dans ces conditions un peu « barbares ». Alors halte a ta culpabilité de maman, bien que légitime, mais c’est contre productif dans ce contexte.

2. Dans le bloc opératoire, la panique tu éviteras. C’est vrai que c’est ultra médicalisé, il fait froid, voire glacial, car c’est un milieu stérile. Tout le monde s’affaire autour de toi comme dans une fourmilière, et le plus souvent la présence du papa est interdite à tes côtés, simple précaution. Tu te sens un peu seule et démunie et c’est normal. Mais rappelle toi que tu es une femme plus forte que ca. On est capables de bien des choses quand on est une maman, et tu verras, ce n’est que le début!

3. Des que nécessaire, tu pleureras. Pour évacuer toutes tes émotions. Que ce soit à l’annonce de l’intervention (le choc est brutal en général!) pour la pose de la rachi péridurale… Bref dès que tu en ressens le besoin, avant, pendant, ou après l’arrivée du bébé. Peu importe quand, mais laisse toi aller et sors moi toute cette frustration, cette déception et cette colère accumulées (peu importe les qualificatifs négatifs, ils ne manquent pas…). Puis après, envoie les larmes de joie, et lâche toi, une fois que tout va bien. Parce que finalement, ce n’était pas si terrible et maintenant ton bébé est à tes côtés, en bonne santé.

4. Ton ipod sur tes oreilles tu positionneras. Avant l’intervention, veille a sélectionner la musique que tu as envie d’écouter durant cet instant un peu particulier et constitue ta César-Playlist, spéciale pour l’occasion. C’est un véritable accompagnement qui permettra de te distraire lorsque les médecins ouvrent ton ventre et procèdent à l’extraction du bébé (oui je sais c’est poétique!). Car bien que ca ne fasse pas mal avec l’anesthésie, tu ressens assez précisément tout ce qui se passe à l’intérieur de toi et c’est une sensation particulière. Tu peux choisir de n’avoir qu’un écouteur afin de tout de même garder un œil sur ce qui se passe, enfin plutôt sur ce qui se dit, a toi de voir comment tu le sens. Ca n’a l’air de rien comme ca, mais la musique va t’aider à te concentrer sur des émotions positives et te communiquer des good vibes pour mieux vivre cette opération.

5. Pour le « peau a peau » tu insisteras. Idéalement dès la naissance du bébé si c’est possible, même un bref contact de quelques secondes avant le passage en couveuse (s’il s’avère nécessaire). Ou après que l’intervention soit terminée, juste avant d’aller en salle de réveil, pour quelques minutes. Ou encore, un peau a peau avec le papa, pendant que la maman est en salle de réveil. Allez Monsieur, on enlève le Tee Shirt et on garde le bébé bien au chaud sur le torse plein de poils, le temps que maman revienne.

6. Pour la montée de lait, tu persévèreras. Car le démarrage de l’allaitement peut effectivement être plus difficile après une césarienne, notamment en raison du retard de la montée de lait par rapport à un accouchement traditionnel par voie basse. Ensuite, tu vas devoir trouver la position la plus adaptée pour que les tétées soient le moins douloureuses possible, compte tenu de la sensibilité abdominale. Un coussin d’allaitement peut te faciliter la tache, penses-y! Apres tout, si déjà l’enfant n’est pas venu au monde comme tu le souhaitais, tu peux tout a fait le nourrir avec le meilleur lait qui soit pour lui : le tien. Alors, accroche toi, ça en vaut vraiment la peine, pour vous deux.

7. Cette naissance tu répareras. Enfin, a ta manière. Ostéopathie, allaitement, massages de l’enfant, portage, cododo … A chacune de trouver sa voie, d’abord à la maternité, puis une fois de retour chez soi pour recréer et renforcer le lien avec son enfant.

8. Grand soin de toi tu prendras. Prends le temps qu’il faut à la maternité, jusqu’à ce que tu te sentes prête pour le retour à la maison. Sachant que la césarienne nécessite en général une durée d’hospitalisation un peu plus longue que l’accouchement par voie basse. Ensuite, tu peux compter sur un soutien a domicile si besoin. Tu peux faire venir la sage femme, ta famille, ou encore une TISF (Technicienne d’Intervention Sociale et Familiale). Tout ce petit monde peut aider soit pour les soins post accouchement ou du bébé, soit pour donner un coup de pouce sur les taches ménagères, courses ou autres. Bref, ne t’en prive pas car ca compte d’être bien entourée.

9. Ta cicatrice tu chériras. Elle fait partie de toi depuis que tu as donné la vie. Il est donc très important de suivre quelques recommandations simples pour faciliter la guérison: toujours bien sécher la cicatrice après la douche, éviter les frottements en portant de préférence des slips jetables, plus confortables. Eviter aussi tout mouvement qui sollicite les abdominaux, et être prudente en portant bébé les premiers temps. Ensuite, après plusieurs semaines, ne pas hésiter a pratiquer des petits massages afin d’améliorer le processus de cicatrisation et éviter qu’elle adhère trop (accolement de tissus corporels). Ne néglige pas ces soins même si tu es débordée par l’arrivée de bébé. Un enfant a avant tout besoin d’une maman qui se sent bien !

10. Le baby blues tu snoberas. Parce que tu t’es bien préparée a cette intervention, enfin du mieux que t’as pu vu les circonstances.
Et que ton bébé est arrivé en 30 minutes chrono, avec une tête trop belle, même pas déformée par le passage dans tes voies génitales.
Parce que ta cicatrice ne se verra pas l’été si tu portes un bikini, tellement elle est petite. Ni vue ni connue.
Et comme ton périnée a seulement été sollicité durant la grossesse et non pendant l’accouchement, ca devrait aussi faciliter ta rééducation post partum. Et accessoirement la reprise des rapports sexuels aussi, si t’as envie.
Parce que tu es devenue mère maintenant, mais tu restes aussi une femme. Toute ta petite famille a besoin de toi, le bébé, mais aussi le papa 🙂
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Allaitement sans frontière : zoom sur le Royaume-Uni

Après le tour d’horizon de l’allaitement aux Etats-Unis et en Indonésie, petite escale en Angleterre.

La grossesse est globalement moins médicalisée au Royaume Uni qu’en France. Les accouchements naturels où a domicile y sont vivement encouragés. Et lorsque il y a un séjour à la maternité, il est très fortement raccourci. Près de 20% des femmes sortent le jour même de l’accouchement, 62% supplémentaires dans les deux jours suivants!

L’allaitement maternel, un véritable challenge après une césarienne !

La césarienne interfère avec l’allaitement comme le montre cette enquête menée par V Zanardo et coll. qui ont pris la précaution de distinguer les césariennes programmées des césariennes en urgence. Voilà qui est une donnée importante pour les pays à fort taux de césariennes.

L’enquête porte sur les naissances à terme en 2007 dans un centre périnatal du nord-est de l’Italie où l’allaitement est favorisé par le « peau à peau » et la mise au sein en salle d’accouchement, et par une chambre mère-enfant (« rooming-in ») en suites de couches. Les mères ne parlant pas italien et les enfants transférés (20 %) ont été exclus de l’étude.

Un peu plus de 30 % des accouchements ont eu lieu par césarienne (677/2 173) ; 3 fois sur 5, l’extraction avait été programmée pour un utérus cicatriciel ou une autre raison ; 2 fois sur 5, elle avait été faite en urgence pour une souffrance foetale, un travail long, une dystocie… Les enfants issus des césariennes en urgence avaient un terme et un poids moyens moindres que ceux nés par voie basse ou césarienne programmée, et les mères étaient plus âgées (p <0,001).

Allaitement maternel et développement durable

Réflexions sur 20 ans d’expérience de pédiatrie.

Par Patrick de BOISSE, pédiatre et Magali Marzini, diéteticienne

L’allaitement maternel représente la façon la plus naturelle et simple pour que s’épanouisse un enfant dans son contexte familial. Et pourtant! Au delà de trois mois, seules 5 % des mères françaises allaitent encore leur bébé, contre 75 % dans les pays nordiques à 6 mois… ce qui correspond aux recommandations de l’OMS.

Les facteurs qui expliquent ce piètre taux d’allaitement sont nombreux et multiples : évolution de la société de consommation, nécessaire égalité entre hommes et femmes, reprise contrainte du travail 10 semaines après la naissance, non-culture intra-familiale de l’allaitement, absence d’information des futurs parents, discours contradictoires en maternité ou après, insuffisance de formation du personnel soignant, etc.