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Les dix commandements de la césarienne

Valables surtout lorsque l’intervention est prévue en avance et lorsqu’il ne s’agit pas d’une césarienne de convenance. Sachant qu’environ deux tiers des césariennes sont programmées avant le travail, et un tiers sont décidées en cours d’accouchement.

1. La césarienne tu accepteras (ou tu dédramatiseras). Au choix. C’est vrai que c’est tout sauf l’accueil douillet dont tu rêvais pour les premiers instants de vie de ton enfant. Mais si c’est nécessaire pour que maman et bébé aillent bien, alors la est le principal. Le plus souvent c’est une question de survie, donc le mieux est encore d’accueillir le bébé le plus sereinement possible, même dans ces conditions un peu « barbares ». Alors halte a ta culpabilité de maman, bien que légitime, mais c’est contre productif dans ce contexte.

2. Dans le bloc opératoire, la panique tu éviteras. C’est vrai que c’est ultra médicalisé, il fait froid, voire glacial, car c’est un milieu stérile. Tout le monde s’affaire autour de toi comme dans une fourmilière, et le plus souvent la présence du papa est interdite à tes côtés, simple précaution. Tu te sens un peu seule et démunie et c’est normal. Mais rappelle toi que tu es une femme plus forte que ca. On est capables de bien des choses quand on est une maman, et tu verras, ce n’est que le début!

3. Des que nécessaire, tu pleureras. Pour évacuer toutes tes émotions. Que ce soit à l’annonce de l’intervention (le choc est brutal en général!) pour la pose de la rachi péridurale… Bref dès que tu en ressens le besoin, avant, pendant, ou après l’arrivée du bébé. Peu importe quand, mais laisse toi aller et sors moi toute cette frustration, cette déception et cette colère accumulées (peu importe les qualificatifs négatifs, ils ne manquent pas…). Puis après, envoie les larmes de joie, et lâche toi, une fois que tout va bien. Parce que finalement, ce n’était pas si terrible et maintenant ton bébé est à tes côtés, en bonne santé.

4. Ton ipod sur tes oreilles tu positionneras. Avant l’intervention, veille a sélectionner la musique que tu as envie d’écouter durant cet instant un peu particulier et constitue ta César-Playlist, spéciale pour l’occasion. C’est un véritable accompagnement qui permettra de te distraire lorsque les médecins ouvrent ton ventre et procèdent à l’extraction du bébé (oui je sais c’est poétique!). Car bien que ca ne fasse pas mal avec l’anesthésie, tu ressens assez précisément tout ce qui se passe à l’intérieur de toi et c’est une sensation particulière. Tu peux choisir de n’avoir qu’un écouteur afin de tout de même garder un œil sur ce qui se passe, enfin plutôt sur ce qui se dit, a toi de voir comment tu le sens. Ca n’a l’air de rien comme ca, mais la musique va t’aider à te concentrer sur des émotions positives et te communiquer des good vibes pour mieux vivre cette opération.

5. Pour le « peau a peau » tu insisteras. Idéalement dès la naissance du bébé si c’est possible, même un bref contact de quelques secondes avant le passage en couveuse (s’il s’avère nécessaire). Ou après que l’intervention soit terminée, juste avant d’aller en salle de réveil, pour quelques minutes. Ou encore, un peau a peau avec le papa, pendant que la maman est en salle de réveil. Allez Monsieur, on enlève le Tee Shirt et on garde le bébé bien au chaud sur le torse plein de poils, le temps que maman revienne.

6. Pour la montée de lait, tu persévèreras. Car le démarrage de l’allaitement peut effectivement être plus difficile après une césarienne, notamment en raison du retard de la montée de lait par rapport à un accouchement traditionnel par voie basse. Ensuite, tu vas devoir trouver la position la plus adaptée pour que les tétées soient le moins douloureuses possible, compte tenu de la sensibilité abdominale. Un coussin d’allaitement peut te faciliter la tache, penses-y! Apres tout, si déjà l’enfant n’est pas venu au monde comme tu le souhaitais, tu peux tout a fait le nourrir avec le meilleur lait qui soit pour lui : le tien. Alors, accroche toi, ça en vaut vraiment la peine, pour vous deux.

7. Cette naissance tu répareras. Enfin, a ta manière. Ostéopathie, allaitement, massages de l’enfant, portage, cododo … A chacune de trouver sa voie, d’abord à la maternité, puis une fois de retour chez soi pour recréer et renforcer le lien avec son enfant.

8. Grand soin de toi tu prendras. Prends le temps qu’il faut à la maternité, jusqu’à ce que tu te sentes prête pour le retour à la maison. Sachant que la césarienne nécessite en général une durée d’hospitalisation un peu plus longue que l’accouchement par voie basse. Ensuite, tu peux compter sur un soutien a domicile si besoin. Tu peux faire venir la sage femme, ta famille, ou encore une TISF (Technicienne d’Intervention Sociale et Familiale). Tout ce petit monde peut aider soit pour les soins post accouchement ou du bébé, soit pour donner un coup de pouce sur les taches ménagères, courses ou autres. Bref, ne t’en prive pas car ca compte d’être bien entourée.

9. Ta cicatrice tu chériras. Elle fait partie de toi depuis que tu as donné la vie. Il est donc très important de suivre quelques recommandations simples pour faciliter la guérison: toujours bien sécher la cicatrice après la douche, éviter les frottements en portant de préférence des slips jetables, plus confortables. Eviter aussi tout mouvement qui sollicite les abdominaux, et être prudente en portant bébé les premiers temps. Ensuite, après plusieurs semaines, ne pas hésiter a pratiquer des petits massages afin d’améliorer le processus de cicatrisation et éviter qu’elle adhère trop (accolement de tissus corporels). Ne néglige pas ces soins même si tu es débordée par l’arrivée de bébé. Un enfant a avant tout besoin d’une maman qui se sent bien !

10. Le baby blues tu snoberas. Parce que tu t’es bien préparée a cette intervention, enfin du mieux que t’as pu vu les circonstances.
Et que ton bébé est arrivé en 30 minutes chrono, avec une tête trop belle, même pas déformée par le passage dans tes voies génitales.
Parce que ta cicatrice ne se verra pas l’été si tu portes un bikini, tellement elle est petite. Ni vue ni connue.
Et comme ton périnée a seulement été sollicité durant la grossesse et non pendant l’accouchement, ca devrait aussi faciliter ta rééducation post partum. Et accessoirement la reprise des rapports sexuels aussi, si t’as envie.
Parce que tu es devenue mère maintenant, mais tu restes aussi une femme. Toute ta petite famille a besoin de toi, le bébé, mais aussi le papa 🙂
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Témoignage d’Elsa, maman et archéologue : « allaiter et reprendre le travail, et co-allaiter ses deux enfants »

Nino (31 mois) et Liya (2,5 mois)

Lorsque j’étais enceinte de mon fils, je souhaitais déjà l’allaiter pour « connaître ce lien », mais sans réellement être bien informée sur l’allaitement maternel. Malheureusement à la naissance de Nino, nous avons eu la mauvaise nouvelle d’apprendre que notre enfant était atteint d’une maladie génétique touchant les intestins, et qui nécessitait une opération. L’allaitement était donc fortement indiqué pour cette pathologie.

Je n’ai pas réfléchi et je me suis lancée dans l’allaitement, dans un premier temps par le biais du tire-lait, instrument qui me faisait horreur lors de ma grossesse. A ce moment la, j’ai également appris les bienfaits du lait maternel pour l’enfant, et les bienfaits de l’allaitement pour la maman. Outre le fait de transmettre des anticorps et la meilleure nourriture qui soit à mon enfant, de mon côté, mon corps se remettait plus vite de l’accouchement et de la grossesse. Et puis quelle joie de voir dans les yeux du petit être que vous venez de mettre au monde autant de bonheur lorsqu’il est collé à vous. Comment ne pas poursuivre cette belle complicité ?

Malgré l’hôpital et l’alimentation au biberon pendant quelques jours, j’ai développé avec mon petit garçon une complicité exceptionnelle. L’allaitement s’est poursuivit tout naturellement en voyant notre enfant grandir parfaitement jusqu’à ma reprise du travail. Mon employeur a spécialement aménagé mon emploi du temps afin que je puisse tirer mon lait, qui était donné à l’enfant gardé en crèche.

Faire garder son petit loulou ou comment devenir dingue avec les maux de garde ????

Je préfère te prévenir afin que les choses soient bien claires : déjà tu peux sérieusement te poser la question de la reprise du travail, ou du congé parental. Car faire garder son enfant lorsque les deux parents travaillent à temps plein, ça nécessite une solide organisation, une bonne détermination pour poursuivre l’allaitement et ça veut dire aussi que le montant des aides familiales est nettement moins élevé (forcément puisque les ressources de la famille augmentent, ne sois pas naïve!). Donc finalement, si faire garder son enfant ça revient à amputer le foyer d’un salaire en frais de garde, ou presque, alors le calcul est vite fait. Sauf si t’as la chance d’avoir un job extra super passionnant dont tu ne peux pas te passer et bien payé de surcroit. Mais à part si tu vis dans le monde des bisounours, on va dire que ca ne concerne pas la majorité d’entre nous.

En effet, le plus souvent, lorsque la maman reprend le travail, si ce n’est pas la famille qui aide ou dépanne pour garder l’enfant (merci aux grands parents en général!), alors c’est compliqué de trouver une solution. Nous on a tout essayé, vraiment. Et on a failli désespérer, mais finalement non, il y a bien des solutions… Je m’explique.

Puisque je souhaitais poursuivre l’allaitement de mon petit loulou malgré la reprise du travail (il avait trois mois), la solution s’est imposée d’elle même : une nounou a domicile. A cette époque, je faisais principalement du télétravail (salariée et non freelance) et donc lorsque je n’étais pas en RDV, j’étais fréquemment a la maison, ce qui m’autorisait une grande flexibilité. J’avoue que je suis assez chanceuse d’avoir pu concilier boulot et allaitement pendant quelques mois. Même si après, la tendance s’est inversée et j’étais bien plus souvent absente pour mon travail que chez moi. Mais n’empêche, j’ai pu en profiter un certain temps, là est le principal!

Et sinon c’est quoi une MAP ?

Confidence pour confidence : si toi aussi tu fais partie des gens qui comme moi n’avaient jamais entendu parler de cet acronyme barbare, c’est complètement normal, rassure toi. Sauf si un jour tu finis par être toi même concernée, ou l’un de tes proches.

Une MAP c’est ça : avant tu te plaignais que tu ne pouvais jamais rien faire parce que les journées n’avaient que 24H et tu courais dans tous les sens. Maintenant que t’as une MAP tu te plains que t’as du temps mais que tu ne peux plus rien faire.

MAP, comme juste une Mise Au Point. Mais en réalité, ça devrait plutôt s’appeler une MMAP, un Mauvais Moment A Passer … Et moi ma MAP, je la vis en ce moment même. Et maintenant ça doit bien faire au moins 1500 heures, 57 minutes, 40 secondes, et le compteur continue de tourner… Car comme environ 10% des femmes enceintes, je suis en Menace d’Accouchement Prématuré, ca veut dire que si je fais pas gaffe, mon bébé va arriver bien plus tôt que prévu. Satanées contractions… Avec toutes les conséquences que ca peut engendrer si l’enfant est un grand prématuré. Donc je reste alitée depuis déjà dix semaines, et le plus longtemps possible (j’en suis a 27SA aujourd’hui), afin de protéger mon petit bout.

Ca a l’air de rien comme ça, mais pour la grande hyperactive que je suis, être allongée H24 et dépendante de la terre entière, c’est un peu pénible. Pour moi, et pour les autres. Surtout quand ça commence à quatre mois de grossesse et qu’on n’a même pas encore l’air enceinte!

Donc le quotidien d’une femme en MAP, en gros ça donne ça :

– des réflexions : « Tiens je viens de voir une de nos voisines, enceinte, elle avait un ventre tellement énorme, elle semblait prête a accoucher. Pourtant elle avait plein de sachets de courses dans les bras » Elle au moins. Ben ouais. Et moi pendant ce temps la j’ai mon cul sur le canapé et j’ai rien fait de ma journée, je sais. Vie De Merde

– un trou dans le compte en banque : parce que si t’as une MAP bien avant ta DPA (Date Prévue d’Accouchement) et ben t’es pas en congé maternité mais en arrêt maladie, donc c’est 50% de ton salaire. Il y a bien des entreprises sympas, qui te versent un complément de revenus. Mais pas la mienne car c’est une petite boite, et il faut dire, qu’avec deux grossesses en un an, je crois que je les ai scotchés. Reprise du travail en mars 11, arrêt de travail en novembre 11, neuf mois quoi… ça vous rappelle rien?

– une tonne de culpabilité : ben ouais, t’as plus d’argent et en plus tu fous rien a la maison. Donc forcément tu te sens un peu inutile pendant que tout le monde s’active autour de toi. Si tu devais mettre un euro dans une cagnotte chaque fois que tu dis « MERCI » (et oui tes parents t’ont bien appris la politesse, c’est déjà ça) tu serais millionnaire à l’heure qu’il est.

Mais il faut aussi voir les choses du bon côté, surtout que par nature je suis plutôt optimiste. Alors la MAP, c’est aussi ça :

– un peu de répit : fini le casse tête pour savoir ce que je vais préparer a manger ou si je suis dépassée par les tâches ménagères. Car désormais, ma principale mission c’est de me consacrer à mon bébé et de le faire arriver à bon port. Comme une poule pondeuse en quelques sortes. Si ça veut dire éviter de passer la serpillère, alors je ne vais pas m’en plaindre non plus.

– je suis chouchoutée : on est bien d’accord, c’est pour la bonne cause. Les parents, amis, proches ou moins proches, nounous, TISF, médecins et autres se relaient pour me rendre la vie plus facile. Ils sont tous très dévoués et prennent bien soin de moi. Pour une fois que je peux lâcher prise… j’aurai tort de ne pas en profiter !

– je me consacre a mes projets persos : mon blog sur l’allaitement, des mois que j’en parle mais il a tardé a voir le jour. Il est enfin là, et au moins ça meuble mes journées de manière intelligente. Enfin, a vous de me le dire.

Je ne vais pas vous faire la liste exhaustive de tous les avantages et inconvenients de cette situation car sinon on va y passer la nuit (et comme vous le savez maintenant : j’ai pas que ca a foutre de mes journées … ).

Et surtout Magic Maman s’est déjà penché sur ce sujet avec un article un peu édulcoré, version Bisounours 🙂 . En résumé: dans le monde merveilleux des mamans alitées, tu es heureuse de pouvoir surfer sur internet à longueur de journée et avancer enfin dans toutes tes démarches administratives. Profites en aussi pour te sentir belle, désirable et continuer a te maquiller, comme ça ton petit mari aura envie de te faire plein de massages quand il rentre du boulot (je précise d’ailleurs pour lever le doute : MAP et sexe sont incompatibles!). Et puis tu peux aussi recruter famille et amis sur les mois qui viennent afin qu’ils gèrent les corvées domestiques pour te rendre service.
D’autres conseils dispensés dans l’article en question pour gérer au mieux la situation :
Au fait, quel rapport avec l’allaitement ?

Il est plutôt évident et tient en une ligne : un bébé qui nait prématurément sera systématiquement nourri au lait maternel, dont les bienfaits sont largement reconnus.

Et pour l’anecdote : avant de subir une MAP pour ma première grossesse, je n’avais même pas envisagé l’allaitement pour mon fils car ce n’était pas mon truc. Mais après avoir passé neuf semaines alitée, a méditer et aussi a culpabiliser, j’ai complètement revu ma position (il est né a 39SA). Et l’allaitement m’est finalement apparu comme un acte incontournable.

Donc en définitive, une MAP, c’est surtout un Moment A Passer. Ni bon, ni mauvais, mais souvent difficile, c’est vrai. L’essentiel étant bien sûr de le vivre le mieux possible. Philosophe, je me dis que j’ai beaucoup appris de mes deux MAPs, qui ont considérablement changé ma vision de la maternité.

Et ma MAP a moi, c’est aussi : Merci Au Papa.

Plus de détails sur la MAP dans cet article.

et pour les témoignages de plusieurs mamans concernées par une MAP.

Perdre du poids en allaitant : mythe ou réalité ?

Pour un blog qui se veut « tendance », je crois que le moment est plutôt bien choisi en ce premier jour des Soldes pour vous parler d’un thème qui nous tient souvent a cœur après la naissance de bébé : retrouver notre ligne ! Car on peut tout a fait allaiter et vouloir être sexy… Une vraie Maman Tendance !

 

D’ailleurs, nombreuses sont les mannequins célèbres ayant fait le choix de l’allaitement qui se vantent d’avoir (soi disant) minci en un rien de temps… Pour n’en citer que quelques unes : Gisèle Bundchen « Je pense que l’allaitement m’a vraiment aidée à garder la ligne et à retrouver mon poids ! », avait elle assuré au magazine Harper’s Bazaar en 2010. Miranda Kerr (compagne d’Orlando Bloom) a elle aussi confié récemment au New York Post (novembre 2011) que l’allaitement maternel lui a permis de conserver la ligne. Elle a ainsi avoué que, selon elle, l’allaitement en lui-même lui ferait perdre au moins 500 calories par jour. Mais qu’en est-il vraiment?

Au delà des déclarations people, qui valent ce qu’elles valent, difficile de faire le tri dans toutes ces affirmations et de s’y retrouver. Je sais que pour ma part j’ai pris 23 KG durant ma première grossesse, j’en ai perdu 27 avec l’allaitement (3 mois exclusif et 4 mois mixtes) sans avoir fait le moindre régime. Alors qu’habituellement mon poids faisait le yoyo, et j’avais toujours quelques kilos à perdre. Mais cette fois comme je souhaitais retrouver ma ligne rapidement, j’ai fait en sorte d’avoir une alimentation assez équilibrée, tout en m’offrant des petits plaisirs quand j’en avais envie… je suis plutôt très gourmande donc pendant que j’allaitais je n’ai pas hésité a grignoter (la tentation des rochers Suchard …) et surtout j’ai toujours mangé a ma faim ! Ca n’empêche que j’ai retrouvé mon poids d’origine en quelques mois et que j’étais même plus mince qu’avant ma grossesse ! Mais ce n’est la qu’un témoignage très personnel donc je vous propose des explications un peu plus rationnelles sur le mécanisme de l’allaitement et la perte de poids ;-)

Le Dr Marie Thirion (pédiatre) nous livre son point de vue dans son ouvrage très complet, titré « l’allaitement, de la naissance au sevrage ». Je la cite : « L’allaitement favorise une rapide involution de l’utérus grâce aux contractions utérines provoquées par l’ocytocine secrétée lors de chaque tétée. C’est un facteur essentiel pour retrouver une taille fine et un ventre plat. Par ailleurs, une femme qui nourrit son bébé et qui ne mange pas « pour deux » consomme une bonne partie de ses réserves énergétiques pour fabriquer du lait. Si son alimentation est équilibrée, elle n’a aucune raison de prendre du poids. Au contraire, la plupart des femmes, même un peu sujettes a l’obésité, verront avec bonheur leur poids diminuer petit a petit au long des semaines d’allaitement »

Le site de la LLL fournit également son point de vue sur l’allaitement et la perte de poids, mais je vous préviens, bien qu’intéressant, l’article est un peu ancien : http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-55-Regime-et-allaitement.html

Pour conclure, si la production de lait maternel permet effectivement de bruler des calories supplémentaires, une alimentation saine reste la condition sine qua non pour perdre ses kilos superflus.

Maman allaite & maman travaille. La pratique !

On a vu la théorie dans le dernier article « Maman Allaite et Maman Travaille. Et pourquoi pas ? » , passons maintenant à la pratique si vous le voulez bien. Et la, je préfère vous prévenir, c’est le b*****… Pardonnez moi l’expression mais il vaut mieux rester honnête, ca reste compliqué de tout mener de front pour une femme: notamment le travail et l’allaitement.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, revenons en au point de départ : les galères de l’allaitement avec mon fils (premier enfant). Il faut dire que j’avais déjà été un peu fragilisée par l’accouchement (je devrais plutôt dire la césarienne) et les semaines qui ont suivi ont vraiment été dures a gérer. Rien de grave, mais pour commencer, allaiter après une césarienne ce n’est pas le plus facile. Je ne conteste pas que l’allaitement est naturel, mais ca reste un mécanisme complexe à mettre en place pour certaines d’entre nous. Je crois que c’est important de le reconnaître. Vous pouvez d’ailleurs consulter cet article médical posté sur le blog il y a quelques temps, très instructif : L’allaitement maternel, un véritable challenge après une césarienne !J’ai en effet eu tout un tas de difficultés dans mon allaitement, comme de nombreuses femmes (vous vous reconnaitrez peut-être) : douleurs lors de la montée de lait, crevasses liées a une mauvaise position du bébé au départ (le cataplasme a base de Smecta et Bepanthene a très bien fonctionné !), mauvaise gestion des pics de croissance du bébé dont je ne comprenais pas les hurlements, des douleurs au sein effroyables dues a une candidose des mamelons qui tardait a guérir, les coliques du nourrisson et reflux qui engendraient des pleurs permanents du bébé …. Bref, panique a bord avec tout un tas de personnes bien intentionnées autour de moi pour me dire ce que j’avais a faire (grrr je déteste ca !), et qui se sont toutes improvisées expertes de l’allaitement. Sous prétexte que la voisine d’un tel ou d’une telle qui était infirmière était amie avec une femme dont le lait n’était pas assez nourrissant, bla bla bla , j’aurai du tout arrêter et donner le biberon. Cherchez l’erreur… Mais même si je ne savais plus comment parvenir à un allaitement serein, je n’étais pas prête à arrêter et renoncer a tous mes efforts si facilement. Il faut dire qu’après la naissance d’un enfant, on peut se sentir un peu dépassée par les évènements, avec un certaine fragilité émotionnelle, ou une sorte de vulnérabilité plutôt… merci les hormones… Ce n’est généralement pas la période la plus favorable pour avoir confiance en soi. Mais finalement, avec le soutien d’un certain nombre de gens (sages femmes, pédiatre, consultante en lactation, sans oublier mon conjoint biensur) j’ai réussi à avancer. Internet m’a aussi beaucoup aidé à rechercher les infos dont j’avais besoin, une vraie mine d’or même si il faut faire le tri… surtout sur un sujet comme l’allaitement dont regorgent les forums féminins.

Maintenant que vous connaissez un peu le contexte de mon allaitement, petit zoom sur ma vie active. J’ai vécu a l’étranger durant les sept premiers mois de ma grossesse, et a mon retour en France, j’ai conservé mon poste que j’ai rapatrié de l’étranger : responsable commerciale dans une start up des nouvelles technologies. Une petite entreprise d’une quinzaine de personnes, dont j’étais la seule représentante en France et en Europe. Il était donc convenu que je reprendrai mon poste et mes responsabilités au terme de mon congé maternité.

Seulement voilà, tout a commencé un samedi après-midi. Mon bébé avait environ 2 mois et je n’avais toujours pas réussi à stabiliser mon allaitement comme je vous l’ai expliqué précédemment (oui je sais, pas très douée la fille). Mon père et ma grand mère étaient venus du Pole Nord de Nancy pour m’aider avec le bébé, mon conjoint étant absent durant plusieurs jours a ce moment la. C’est alors que j’ai reçu un email de mon employeur, le big boss, me demandant des nouvelles du bébé et par la même occasion si je pouvais me rendre à Barcelone le lendemain pour un congrès qui démarrait le lundi avec des RDV clients très importants. Hmmm, ca va pas non ? Comment dire… « C’est que ça tombe un peu mal puisque j’allaite mon BB et je ne souhaite pas le laisser seul à Marseille pour plusieurs jours. Donc je vous propose un deal : OK, je viens, mais avec mon BB. La blague… Et avec ma famille ». Si si, je vous assure je leur ai réellement dit ça (ou plutôt écrit par mail). Donc là, panique a bord ! Toutes les affaires a préparer dans l’urgence pour partir tôt le lendemain matin. En plus, comme le BB ne faisait pas encore ses nuits, difficile d’avoir les idées claires et la tête au boulot.

Finalement on est arrivés sans trop d’encombres à Barcelone le lendemain. Je vous passe tous les détails logistiques et les galères dans l’organisation… Il était convenu avec mon entreprise qu’ils prenaient en charge financièrement une chambre d’hôtel pour ma famille en plus de celle que je partageais avec le bébé. Ainsi, lorsque je travaillais sur les dossiers pour préparer mes RDV, le BB était avec ma famille qui me le ramenait lorsqu’il avait faim. Ensuite, lorsque j’ai participé aux réunions avec les clients le lundi, ma famille patientait dans la voiture avec le bébé et je m’éclipsais dès que je le pouvais entre deux réunions pour venir l’allaiter quelques minutes. Vous allez me dire que j’aurai pu tirer mon lait, et leur confier les biberons de lait maternel, que ça aurait été certainement plus simple a gérer. C’est vrai. Mais a cette époque, même si j’avais bien récupéré le tire lait électrique (dit aussi magique) Medela, je le trouvais tellement imposant que ça m’avait découragé de m’en approcher (possibilité de le louer gratuitement pour plusieurs mois, sur ordonnance). Et je ne parle pas du tire lait manuel bas de gamme que j’avais acheté auparavant et dont je ne parvenais même pas à me servir. Je crois qu’il y avait aussi un blocage psychologique, le côté « mammifère » qui me déplaisait un peu. BREF, j’étais réticente à tirer mon lait à cette époque.

Mais j’ai changé d’avis. Très vite. Lorsque j’ai officiellement repris le travail, j’ai été amenée à me déplacer fréquemment et là, autant le reconnaître, le tire lait est vite devenu incontournable, bien que contraignant. Avec les nombreux allers retours Marseille-Paris, je me suis vite décidée à emmener le tire lait électrique pour simplifier les choses. Mais porter cet engin dans le métro de Paris avec toutes les marches d’escalier, et le bordel ambiant, ce n’est vraiment pas le top. Il tenait bien dans ma valise mais ça pesait une tonne et je ne pouvais rien ajouter d’autre! Même plus de place pour les vêtements. Arrivée chez ma meilleure amie, sa première réaction a la vue de la « bête » fut plutôt perplexe : « mais tu es venue avec une caisse a outils ?… ». Non, juste un tire lait électrique… J’ai finalement décidé de le laisser chez elle afin de ne plus avoir a le transporter systématiquement chaque semaine. Et là, j’ai compris ma douleur : passer une journée entière avec des RDV professionnels, sans tire lait, et avec une forte lactation… Pour la première fois de ma vie, les hommes ne me regardaient plus dans les yeux mais scrutaient mon décolleté, sur le point de faire exploser ma robe. Ça y est, mes propos n’avaient plus aucun intérêt, et en plus ma poitrine était douloureuse comme jamais. Il ne me restait plus qu’à filer dans les toilettes pour essayer de remplacer le tire lait absent et extraire le lait avec mes mains. Quelle joie… Et pourtant j’ai dû continuer ainsi, jusqu’à mon retour à Marseille très tard le soir, même dans les toilettes du TGV… Très glamour. Inutile de préciser que toutes les fois suivantes, je partais systématiquement avec le tire lait manuel, pour ne plus revivre ça. Et lorsque le bébé a eu sept mois, je l’ai sevré complètement, et depuis il est au biberon. Je suis déjà heureuse d’avoir pu prolonger l’allaitement aussi longtemps compte tenu des circonstances.

Mais je comprends que les mamans qui reprennent le travail puissent se sentir découragées de poursuivre l’allaitement. C’est précisément pour cette raison que nous avons mis en place une pétition visant à prolonger le congé maternité. Celles qui le souhaitent pourront ainsi poursuivre leur allaitement en toute sérénité. Pour les autres, qui reprennent le travail plus rapidement (par choix ou nécessité absolue) j’ai une bonne nouvelle a partager avec vous : une étude intéressante parue il y a quelques jours montre que les femmes actives seraient plus épanouies que les femmes au foyer ! plus de détails dans cet article.

Maman allaite et travaille. Pourquoi pas ?

Pour lutter contre une vague de préjugés qui ont la vie dure et qui consistent à penser que l’allaitement s’adresse exclusivement aux femmes qui n’ont pas de vie active, ou du moins pas d’ambition et qui restent clouées a la maison en pyjama pour s’occuper de leurs bambins… Bon c’est vrai j’avoue, j’ai moi même ressemblé a ça dans les premiers temps. On m’a même surnommée la vache « Milka » avec mon pyjama Etam mauve couvert de taches de lait à la sortie de la maternité, mes 23 KG pris pendant la grossesse, mes envies folles de chocolat …

 

Mais ca n’a duré qu’un temps car très vite j’ai perdu tout ce poids (Ouf !!! merci l’allaitement) et retrouvé mes tailleurs, mon maquillage, mes talons aiguilles et mes RDV clients. Je persiste et je signe : on peut tout a fait être mère et désirer allaiter tout en ayant un plan de carrière, les deux n’étant pas incompatibles contrairement à la thèse soutenue par Mme Elisabeth Badinter dans son ouvrage “Le Conflit, la femme et la mère”. Si je suis effectivement d’accord avec la plupart de ses idées et son combat féministe, je ne la rejoins vraiment pas sur sa vision de l’allaitement. Pour une analyse très fine de son livre et orientée « allaitement », je vous recommande vivement la lecture de cet article très pertinent de Solène, rédactrice du blog MamaNANA :

A priori on peut penser qu’une mère active souhaitera certainement faire le choix de l’indépendance : elle se dira alors que l’idéal est une répartition des tâches équitable avec son mari, en donnant le biberon au BB a tour de rôle… blablabla … J’ai moi même eu ce raisonnement au cours de ma grossesse donc je le connais. Mais finalement, est-ce que donner le biberon est réellement une solution d’indépendance ou de facilité, comme on pourrait le penser ? Je n’en suis pas si sure, faut voir… J’en suis en tout cas vite venu a la conclusion que : 1) nettoyer le biberon, 2) stériliser le biberon 3) faire chauffer l’eau a la bonne température 4) ajouter la poudre de lait avec une mesure rase dont la moitié se renverse a côté a chaque fois parce que j’ai deux mains gauches etc… c’était bien trop contraignant pour moi. Surtout que lorsque le bébé ne fait pas encore ses nuits, ca impose un réveil brutal et après, dur dur de se rendormir. Avec l’allaitement on reste dans un semi sommeil, les hormones aidant, le bébé dans les bras, je trouve ca un peu moins violent. Quand on est une maman qui travaille beaucoup (ou une maman très occupée par ailleurs… même si ce n’est pas par une activité professionnelle), tous les prétextes sont bons pour gagner du temps. Entre préparer un biberon et sortir un sein, y’a pas photo !

Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié le côté pratique de l’allaitement lorsque je me rendais quelque part avec le BB. Inutile de prévoir alors l’armada de biberons parce que j’avais déjà tout sous la main, et a bonne température :-) . Je me suis sentie vraiment indépendante, je prenais ma voiture et où que je sois, peu importe la durée, j’avais toujours tout ce qu’il fallait pour nourrir le bébé et ce avec la plus simple organisation qui soit. Pas la peine de s’exhiber en public si on ne le souhaite pas, mais on peut toujours allaiter et être discrète ! D’ailleurs pour l’anecdote, l’allaitement s’est avéré très pratique chez le pédiatre lorsque l’enfant finissait par s’impatienter dans la salle d’attente (oui Patrick, tu as un peu de retard parfois lol) ou lors d’un vaccin, lorsque l’enfant tête le sein de sa mère, cela calme sa douleur. Aujourd’hui mon fils a un an et je lui donne le biberon avec du lait en poudre parce que je ne souhaite plus l’allaiter mais ça n’empêche que je regrette tout de même le côté « pratique ».

L’allaitement peut donc s’avérer un précieux allié pour une maman débordée ou une maman qui travaille même si cela peut paraître contradictoire.

En outre, de nombreuses mamans actives ont fait le choix de consommer des produits bios lorsqu’elles peuvent se le permettre. Il paraît donc naturel pour ces mamans d’allaiter leurs bébés… car il ne s’agit quelque part que d’un prolongement de leurs habitudes de consommation. Dans ce cas, pourquoi être choqué lorsqu’une maman allaite alors qu’elle travaille ?

Alors, sans revenir a des « extrêmes » tels que le retour des couches lavables que je n’encourage pas forcément (désolée mais ce n’est vraiment pas mon truc), j’estime que l’on peut mener un combat féministe tout en étant favorable à l’allaitement. Il n’y a la rien de dégradant pour une femme, bien au contraire.

Et j’incite toutes celles qui partagent cette vision du travail et de l’allaitement, ou plus largement de la maternité, à participer a la première conférence Maman Travaille, organisée par Marlène Schiappa, le 9 février 2012. De manière générale, un évènement très intéressant pour toutes celles qui se sentent concernées par la conciliation vie privée / vie professionnelle.
Plus d’infos ici et pour vous inscrire >>

En conclusion : Maman Allaite ET Maman Travaille ! Ça c’est la théorie… A venir la pratique, et la on va bien rire :-) Je vois d’ici les anecdotes croustillantes que je vais vous raconter sur ma reprise du travail et l’allaitement, ce fut … épique!

Allaitement sans frontières : zoom sur l’INDONESIE et les ETATS UNIS

Certains pays se montrent particulièrement créatifs lorsqu’il s’agit de trouver des initiatives favorisant l’allaitement maternel. Mais leurs solutions peuvent parfois être un peu radicales…

La loi indonésienne est on ne peut plus claire depuis ce fameux décret de 2009, émanant du ministère de la santé « tout bébé (avait) le droit d’être nourri exclusivement au lait maternel depuis sa naissance jusqu’à l’âge de 6 mois, sauf contre-indication médicale ». Il n’en fallu pas plus a Fikri pour monter son entreprise de coursier de lait maternel. Partant du principe que comme sa propre femme, de nombreuses mères indonésiennes étaient contraintes de reprendre le travail alors qu’elles souhaitaient/ devaient poursuivre leur allaitement, il eut cette idée qui remporta un franc succès ! Le principe est simple et son projet a été fortement médiatisé a la TV et sur le web: les mamans tirent leur lait sur leur lieu de travail, puis le coursier vient le récupérer. Il le transporte ensuite dans une glacière sur son scooter, jusqu’à leur domicile ou la nounou récupère le précieux breuvage pour nourrir le bébé.

Rappelons qu’en Indonésie l’allaitement est aussi un enjeu économique majeur car le cout d’une boite de lait est le plus souvent très onéreux pour la famille. D’ailleurs, toute forme de promotion et de publicité pour le lait en poudre infantile (0 à 6 mois) est strictement interdite en Indonésie.

Plus d’infos sur la pratique de l’allaitement maternel en Indonésie ci-dessous : http://www.courrierinternational.com/article/2011/04/12/du-lait-frais-pour-les-bebes

Toujours sur le même registre, direction les Etats-Unis et la prohibition ! Cette fois, il s’agit d’un état américain, le plus petit du pays : Rhode Island, qui a tout bonnement décidé d’interdire la distribution de lait en poudre infantile dans ses maternités. Rien que ca… L’objectif étant d‘inciter les mamans à allaiter a tout prix. C’est une décision particulièrement extrême, qui ne me paraît pas forcement être la plus judicieuse. Chaque maman devrait elle même choisir ce qu’elle estime être le meilleur pour son enfant. Même si a titre personnel je souhaite encourager les mamans a allaiter, j’ai du mal a concevoir que leur mettre une telle pression a la naissance de leur enfant puisse être vraiment constructif. Néanmoins, si elles rencontrent trop de difficultés dans leur allaitement ou si elles manquent de lait, elles peuvent tout de même recourir au lait en poudre, mais je doute que ce soit sous le regard bienfaisant des instigateurs de cette initiative… Cela dit, lorsque l’on connaît les vertus de l’allaitement maternel pour lutter contre l’obésité, on peut s’interroger sur l’origine de la motivation de ces américains de Rhode Island…

Plus de détails sur cette nouvelle reforme : http://www.magicmaman.com/,etats-unis-la-distribution-de-lait-infantile-en-maternite-interdite,2220,1960393.asp

A suivre prochainement, d’autres illustrations d’Allaitement sans Frontières.

L’insertion des femmes avec enfants dans la société

Emission LCM du 4 mai 2011. Invités du plateau : Valérie Boyer, adjointe au maire déléguée à la politique de la ville; Tony Sessine, chef d’entreprise et président de l’association des commerçants de Plan de Campagne; Emilie G., maman; Patrick De Boisse pédiatre et président de l’association « Autour de l’enfant ».